<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>Lumine</title><link>http://lumine.canalblog.com/</link><description>Tu crois voir la lumi&#xe8;re?</description><language>fr</language><lastBuildDate>Sat, 19 Jul 2008 15:14:54 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Le sang d&#xe9;li&#xe9;</title><dc:creator>Lumine</dc:creator><link>http://lumine.canalblog.com/archives/2007/10/21/6610052.html</link><comments>http://lumine.canalblog.com/archives/2007/10/21/6610052.html#comments</comments><wfw:commentRss>http://lumine.canalblog.com/feeds/rss/comments/post/6610052/</wfw:commentRss><guid isPermaLink="true">http://lumine.canalblog.com/archives/2007/10/21/6610052.html</guid><description>&lt;p style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;a target=&quot;_blank&quot; href=&quot;http://storage.canalblog.com/06/07/365975/18240604.jpg&quot;&gt;&lt;img width=&quot;450&quot; height=&quot;315&quot; border=&quot;0&quot; src=&quot;http://storage.canalblog.com/06/07/365975/18240604_p.jpg&quot; alt=&quot;Lumine_2&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;


&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Oannesia tombe et la
chute d&#xe9;file au ralenti sous mes yeux, tandis qu&apos;un frisson me
parcourt la colonne. Elle est &#xe0; terre... et rien... plus rien
autour ne bouge... le temps s&apos;est arr&#xea;t&#xe9; dans son
effondrement... rien ne vient rompre le silence... un silence de mort
r&#xe8;gne sur la clairi&#xe8;re... pas m&#xea;me le cri d&apos;un
oiseau de mauvaise augure.&lt;br /&gt;Mon coeur se serre. Dans
mes yeux, ce n&apos;est pas Oannesia, mais ma m&#xe8;re... le teint si
pale... c&apos;est la vie qui se d&#xe9;robe de ses veines.&lt;br /&gt;Agir... vite. Le temps
presse. Euth&#xe9;ria et Thio la soul&#xe8;vent et l&apos;allongent &#xe0;
quelques m&#xe8;tres, posant d&#xe9;licatement sa t&#xea;te sur
une pierre recouverte de mousse. Je cours &#xe0; la source, pr&#xe8;s
du ch&#xea;ne, l&apos;eau de vie est claire et limpide comme les
explications que je n&apos;ai jamais donn&#xe9;es. Je n&apos;ai jamais voulu
me justifier.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Ma coupe pleine, je
retourne pr&#xe8;s de ma soeur, l&apos;asperge de quelques gouttes, puis
humecte ses tempes... l&apos;eau glisse sur la peau de sa nuque, fine et
transparente. Elle ouvre les yeux me gratifiant d&apos;un merci du regard
qui me prend par surprise. J&apos;ai lu le d&#xe9;sespoir tant de fois
dans ses yeux, son mutisme, ses reproches muets. Son silence me
rendait brutale. Je n&apos;acceptais pas qu&apos;elle ne se d&#xe9;fende pas.
Ce regard qu&apos;elle m&apos;offre &#xe0; cet instant, je ne lui connaissais
pas... si beau... mais de ma bouche, ne sortira aucune parole de
r&#xe9;confort. Je ne sais pas &#xea;tre tendre.&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Je porte le calice &#xe0;
ses l&#xe8;vres et Oannesia boit avidement. D&#xe9;risoires
paraissent les sentiments qui me lient &#xe0; ma soeur. Dans
l&apos;urgence du moment, il n&apos;y a que la force du sang qui parle. Le sang
de Maman. J&apos;ai tiss&#xe9; de mes mains le cordon ombilical me
reliant &#xe0; ma m&#xe8;re, du fil de fer barbel&#xe9;, pour
devenir le centre de la toile des liens qui se tissaient autour
d&apos;elle. Inconsciemment au d&#xe9;part, je pense avoir cousu le
voile des illusions, pour complaire, pour me nourrir de son amour
dont j&apos;avais tant besoin. 
&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Ce fil est bris&#xe9;
aujourd&apos;hui et ce sont mes soeurs qui me relient &#xe0; elle. En
mourant, elle m&apos;a offert la cl&#xe9; du tr&#xe9;sor que je
n&apos;avais jamais ouvert, le mien, celui de mon essence plus odorante
que la myrrhe, de mon &#xea;tre aussi vaporeux que l&apos;encens, de mes
rivalit&#xe9;s int&#xe9;rieures faites d&apos;or et de t&#xe9;n&#xe8;bres,
les joyaux d&apos;une connaissance qu&apos;elle m&apos;avait offerte sans que je la
comprenne. Il m&apos;avait fallu sa mort pour ouvrir les yeux, son deuil
pour comprendre. C&apos;est dans les reliques qu&apos;elle m&apos;a laiss&#xe9;es
que j&apos;ai appris &#xe0; exister.&lt;br /&gt;
&lt;/p&gt;


&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;Oannesia veut se relever.
Je la maintiens au sol et prend sa main dans la mienne dans un
sourire. Peut-&#xea;tre le premier...&amp;nbsp; Sa main s&apos;ouvre abandonn&#xe9;e...
ses doigts se d&#xe9;ploient sans r&#xe9;sistance.&lt;br /&gt;Soudain, je la sens se
crisper. Elle retire sa main et pointe quelque chose dans les arbres.
Je ne vois rien que les feuilles. J&apos;essaie de trouver des mots
apaisants pour la calmer.&lt;br /&gt;Thio et Sa&#xe9;na d&#xe9;j&#xe0;
se pr&#xe9;cipitent vers les buissons.&lt;/p&gt;

&lt;p style=&quot;text-align: justify;margin-bottom: 0cm;&quot;&gt;&lt;/p&gt;
</description><pubDate>Sun, 21 Oct 2007 08:15:41 GMT</pubDate></item></channel></rss>